Millésime 2024
Rappel : La Nature est toujours la plus forte !

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Après les vendanges 2023 la tendance reste à la pluie. Les tempêtes s’enchainent sur la France, Céline, Clara, Domingo. Novembre est couvert et humide avec seulement 3 jours de ‘petites’ gelées matinales. La fin d’année est globalement trop douce et l’humidité quasi constante ; au 11 décembre on franchit la barre des 1000 mm pour 2023 (la normale annuelle chez nous étant de 760mm). Le courant d’air froid Paris Moscou refroidit janvier (gelées du 8 au 21 janvier) et un ciel toujours couvert. La douceur revient sur février et progressivement la pluie, mars est bien pourvu.

Le gonflement des bourgeons autour du 22 mars. Il pleut encore en avril, les températures sont douces les bourgeons bougent ! La maturité des œufs d’hiver aussi, c’est précoce ! 1 à 2 feuilles étalées vers le 15. Fin avril, coup de fraicheur qui nous fait trembler mais globalement on frôle ‘seulement’ les gelées. La pousse des vieilles vignes est jaunissante et chétive. Le premier traitement que je jugeais précoce le 27 avril, après coup, c’est avéré trop tardif.

A fin mai, la végétation végète et le mildiou dans des conditions idéales se propage de façon exponentielle. Les dégâts les plus impressionnants sont observées dans les vieilles vignes : Echezeaux, Suchots, Cras, Pré de la Folie, Chambolle Charmes. Sur feuilles mais aussi beaucoup sur grappes. Les pertes à ce stade sont proches des 50%. Mi-juin, on peut dire que le printemps ressemble à l’automne et l’été n’est pas encore là ! Pluies coups de chauds, coups de froids, peu de lumière, la fleur est engagée depuis le 5 juin.

Les vignes les plus virosées sont quasiment anéanties par le mildiou sur grappes (80% de pertes), la coulure est de la partie, en plus. Les vignes à fort historique ‘mildiou’ s’en sortent assez bien jusque- là…La récolte s’annonce maigre. Mi-juin décision est prise de faire un traitement chimique pour enrayer la maladie. La météo reste humide, 140mm sur Juin. La fleur s’achève autour du 20 juin. Début juillet les parcelles qui avaient résisté au mildiou jusque-là craquent !

Au 10 août la véraison est autour de 10% pour le peu de raisins restants… Et le mildiou qui continue de se propager sur baies. 95% de véraison au 26 août. Au 6 septembre les taux de sucres sont peu élevés. Au 10 septembre il y a un peu de lumière et du vent tous les jours… Peut-être trop car désormais on vide une partie du contenu des baies… Quelle galère !

Le 14 septembre débutent les vendanges les conditions climatiques sont assez clémentes et on ne voit pas trop quoi gagné après avoir tant perdu ! L’estimation de rendement faite dans les parcelles où on estimait qu’il y avait du raisin n’est pas vérifiée. Brûlées, Richemone, Savigny, Gevrey c’est 30% de moins qu’attendu, ça ne pèse pas (!) encore une déception ! Au final, il n’y a pas ni Echezeaux ni Chambolle Charmes.

Compte tenu des volumes historiquement faibles les vinifications se font essentiellement en petites cuves inox et 100% vendanges entières, dans un mode infusé.
Au final le millésime est très axé sur le terroir avec de l’élégance, de la fraîcheur et des structures bien intégrées. On se réconcilie, un peu, avec 2024 !