mai 2021 Avril : gelées et de patience…

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A la vigne…

Le retour du printemps à été de courte durée en ce début avril..

Entre le 5 et le 8 avril, 3 nuits ont été gélives.

Au matin du 7 avril, la neige fait son apparition et la végétation est sous un petit manteau blanc.

Durant cette période, les Boarmies sont sorties et attaqués les bourgeons restants.

 

Le 23, la journée préparas s’est tenue à Auxey Duresses au Clos du moulin.

Après avoir passé 6 mois sous terre, les cornes ont été déterrées et vidées pour obtenir la bouse de corne.

 

Du coté des pluies, très peu de précipitations ont été enregistrées durant la période froide et plus généralement sur le mois. Ce n’est qu’à partir du 28 avril que la pluie arrive.

Au 30 avril, la végétation a repris de façon hétérogène. On voit jusqu’à 3 feuilles étalées sur certains pieds alors que le pied voisin n’a rien développé à ce stade.

 

 

 

 

Ci dessous analyses et observations faites par des professionnels, spécialistes et techniciens :

D’après certains relevés météo, il faut remonter au 8 avril 1956 pour avoir de pareil gelées (-4.7C) sur la station de l’époque à Savigny les Beaune.

Nuit du 05 au 06 avril :
– Gel advectif = gelée noire due à l’arrivée d’une masse d’air froid polaire avec une grande uniformité verticale des températures
(absence de stratification thermique).

– Paramètres les plus souvent relevés sur le réseau des stations : 4 à 5 heures de gel à partir de 3 heures du matin, descente à
-2°C (-4° à -5°C très localement), hygrométrie moyenne plutôt basse de 65-70%, présence de vent modéré à soutenu.

– La conjugaison de ces facteurs a conduit à des dégâts très limités, le plus souvent quelques bourgeons ou jeunes plants affectés de
façon aléatoire et très ponctuellement dans des situations à stade végétatif très avancé et/ou circulation d’air restreinte des dégâts plus
significatifs.

Nuit du 06 au 07 avril :
– Gel advectif comme la veille mais avec une descente en températures plus prononcée, une durée du gel plus longue et dans une
grande partie du vignoble de la neige non annoncée qui est venue aggraver la situation.
– Paramètres les plus souvent relevés sur le réseau de stations : 7 à 8 heures de gel à partir de 1 heure du matin, descente entre -2°
C et -4°C, jusqu’à -6°C très localement, hygrométrie moyenne de l’ordre de 80-90%, présence de vent modéré 10-20 km/h par
intermittence.
– Le cocktail de tous ces paramètres a fortement perturbé l’efficacité des différents systèmes de lutte mis en place dans le vignoble.

Nuit du 07 au 08 avril :
– Basculement sur un gel radiatif avec stratification thermique. Le ciel dégagé, l’absence de vent ont contribué à la mise en place de ce
type de gel.
– La durée du gel annoncée dans le bulletin spécifique Météo France s’est vérifiée, puisque sur certains sites, le basculement en dessous
de 0°C s’est produit dès 21-22hr avec une durée totale proche de 11 heures, pour d’autres on reste autour de 7 heures.
– La descente en températures a été plus sévère qu’annoncée, avec souvent des minimales de – 3 à – 5°C voire jusqu’à -7 à -8°C relevés
par endroits (Saint Aubin, bas de Premeaux et NSG…). Ces relevés sous abri à 30 cm du sol sont certainement proches des
températures ressenties au niveau des bourgeons. L’hygrométrie moyenne était de l’ordre de 70-80% et le point de rosée autour de -7 à –
9°C.

Il est trop tôt pour estimer précisément l’intensité des dégâts dans notre vignoble. Néanmoins il est certain que les surfaces concernées
sont très importantes.

La vigne se bloque et stagne. Ce n’est que vers mi-avril que dans certains secteurs, le stade « bourgeon dans le coton et pointe verte » sera observé.

Puis à compter du 22 avril, les températures ont nettement progressé pour atteindre jusqu’à 25°C. Là où les bourgeons ont été épargnés par le gel, le développement a été fulgurant : nous sommes passés en quelques jours de pointe verte à 1 à 2 feuilles étalées et dans certaines vignes on observe à jusqu’à 3 feuilles étalées.

En revanche dans les vignes les plus fortement impactées par le gel, on se croirait en hiver.

En effet 3 semaines après, la reprise est très timide : les bourgeons les plus affectés sur les baguettes ne repousseront pas et le développement se concentre sur la couronne et le tronc.
Globalement entre 2 observations, les données se sont affinées. Une accentuation des dégâts est notée en Côte de Beaune alors que la situation est plus contrastée en Côte de Nuits.

Côte de Nuits : même si la proportion de pieds touchés est souvent élevée, le pourcentage de bourgeons gelés reste en revanche la plupart du temps modéré (<40%). Les parcelles les touchées sont situées en pieds de coteaux ou coteaux, là où les bourgeons étaient les plus avancés au moment de l’épisode gélif.

Côte de Beaune : Le constat est sans appel : les dégâts sont très importants dans un grand nombre de parcelles à la fois de Chardonnay et de Pinot Noir.
7 parcelles sur 10 présentent plus de 60% de bourgeons gelés, 4 sur 10 plus de 80%.

Evolution à suivre..